Marwa_diag
Fatimatou Bouhamra
Durant l’année scolaire 2023-2024, le secteur de l’enseignement au Maroc a été marqué par une longue période de grèves. Face à cette situation, la direction de mon établissement d’accueil a mobilisé les stagiaires pour assurer la continuité pédagogique. J’ai été chargée d’animer une séance de soutien pour une classe de 3ème année collège. Le cours portait sur la première unité du programme physique chimie : "Quelques matériaux au quotidien". L’objectif était de réviser les bases et de combler les lacunes accumulées suite aux interruptions des cours.
N’ayant pas encore suivi de formation approfondie en didactique ou en pédagogie à ce moment-là, j’ai dû faire preuve d'autonomie pour préparer cette séance. Pour garantir la qualité scientifique du contenu, j'ai consulté diverses ressources numériques, notamment des supports PDF sur AlloSchool, ainsi que des vidéos explicatives sur YouTube.
Sur le plan méthodologique, j’ai adopté une approche transversale basée sur l'interaction constante. Au lieu d'un cours magistral classique, j'ai privilégié le questionnement. Ma stratégie consistait à solliciter prioritairement les élèves les plus discrets, souvent installés au fond de la classe, pour les réintégrer dans le processus d'apprentissage. J'ai repris les exercices et les applications de leurs propres cahiers pour leur montrer qu'ils étaient capables de réussir avec un peu d'accompagnement.
Cette expérience a été un moment de réflexion profonde sur l'acte d'enseigner. J'ai constaté que les grèves n'ont pas seulement causé un retard pédagogique, mais ont aussi créé un blocage psychologique : certains élèves utilisaient ces interruptions comme un prétexte pour abandonner leurs efforts, pensant que l'année était "perdue".